Dix ans après l’Accord de Paris et quarante ans après la naissance du développement durable, qui devaient permettre d’opérer la “transition”, nous avons en réalité continué sur la même trajectoire mortifère pour l’ensemble du vivant.

L’objectif de ne pas dépasser 1,5 degrés de réchauffement est désormais hors d’atteinte, et une 7ème limite planétaire vient d’être franchie. Nous vivons aussi une profonde crise sociale et politique : les inégalités se creusent, le droit international recule et l’extrême droite gagne du terrain. Les tensions géopolitiques s’intensifient du fait de l’impérialisme et du néocolonialisme persistant des pays du Nord, et de la compétition pour les ressources qui se raréfient. Le cadre actuel ne permet pas de changer de trajectoire :

Le développement durable et la croissance verte postulent de manière trompeuse qu’il serait possible de concilier croissance économique, amélioration du bien-être humain et une réduction significative de l’empreinte écologique.

La focalisation quasi-exclusive sur le climat laisse le champ libre aux fausses solutions qui reportent les impacts sur d’autres limites écologiques comme la biodiversité, ou mènent à l’épuisement accéléré des ressources.

Contrairement au récit économique dominant, une croissance illimitée dans un monde fini est impossible. C’était déjà la conclusion du rapport Meadows il y a 50 ans.  Il est urgent de changer de récit collectif et de modèle économique avant que des points de bascule sociaux et environnementaux ne soient franchis.


Common Limits défend un changement de paradigme économique, juridique et philosophique afin de refonder une société en paix et solidaire où la prospérité ne se mesure plus à l’accumulation matérielle mais à l’accès aux besoins essentiels, à la santé des écosystèmes, à la qualité des liens, au temps disponible et à la possibilité pour chacun·e de mener une vie digne dans les limites de la planète et des milieux de vie. Pour y parvenir, une boussole doit nous servir de guide : le respect des limites planétaires et de la justice sociale. Cette approche systémique des enjeux écologiques et sociaux est indispensable car :

Elle fait émerger les causes de la faillite du système actuel : Un modèle productiviste, capitaliste, patriarcal et colonial qui, au fil des siècles, a accru l’injustice sociale tout en menant au dépassement des limites planétaires, à l’effacement de la diversité des modes de vie et à la poursuite de l’exploitation des pays du Sud global.

Elle permet d’écarter les fausses solutions présentées comme “vertes” comme la compensation, la géoingénierie ou toute autre forme de technosolutionisme

Elle met en lumière les leviers d’action systémiques, ceux qui permettent réellement de respecter l’ensemble des limites planétaires et sociales.